LeurresTruites.com

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Protégeons les frayères…
Les frayères donnent, par définition la vie et donc le futur « stock » de truites d’une rivière.

Il paraît donc évident que la préservation et le respect de ces zones de fraie constituent la condition sine qua non au bon état quantitatif de la population de truites et donc qualitatif de notre loisir.
Avant de les préserver, sachons d’abord reconnaître ces zones

Les femelles ne choisissent pas les emplacements de fraie au hasard, ceux-ci doivent répondre à certaines exigences biologiques :
*Le Lit de galets ou graviers doit être stables afin d’assurer une relative « sécurité » en cas de crue.

*Le Diamètre de la granulométrie doit être adapté à leur capacité de « creusement », en général, ce diamètre est défini comme celui « d’une noisette à une noix ».

*La hauteur d’eau doit être comprise entre 15 et 30 cm mais une vitesse du courant de 40 à 60 cm par seconde est aussi nécessaire.

C’est la bonne circulation de l’eau à l’intérieur de la frayère qui assurera une bonne oxygénation des œufs et l’absence de colmatage par des sables et limons !
Photo Frayéres de Gaudiau Alain Suivez l'actualité du site en direct, les promos, les bons plans, les codes réduc, les arrivages..
En règle générale, les frayères sont localisées :

*En tête de radier (ou queue de fosse encore appelée « fin de plaine ») sur les rivières peu courante.

*Sur les plats légèrement courants (queue de mouille) sur les cours d’eau à plus forte énergie. A noter toutefois que sur certaines rivières, les frayères sont aussi régulièrement localisées en bordure du lit.

On aperçoit alors souvent des zones plus claires « nettoyé » par les truites avant la ponte.
Photo Frayéres de Gaudiau Alain Photo Frayéres de Gaudiau Alain Photo Frayéres de Peche Aveyron .com Photo Frayéres de Peche Aveyron .com
La phase de ponte est conditionnée par deux facteurs principaux :

* La température.

Le frai des truites a lieu avec des températures d'eau comprises entre 4 et 10°C.

*L’hydrologie.

Les dates de pontes sont donc en partie fonction de l’altitude, en Aveyron elles interviennent généralement, de fin Octobre à Décembre/mi-janvier.

Ajoutons que les dates de pontes cités ci-dessus sont rarement avancées en revanche, les truites peuvent décaler le frai si une crue a eu lieu au tout début.
Après la ponte dès que le mâle a fécondé les œufs de sa laitance, la femelle les recouvre de gravier grossier afin de les protéger des crues et des prédateurs, les œufs se trouve ainsi en « sécurité » dans le dôme (ou Nid) parcouru par le courant qui les oxygène.
Photo Frayéres de Peche Aveyron .com Photo Frayéres de Gaudiau Alain
Une fois la phase de reproduction achevée, il s’en suit une durée d’incubation des œufs puis du développement embryonnaire qui dépend de la température exprimée en degrés-jour.

Le calcul des degrés-jour est basé sur la somme des températures moyennes journalières de la zone intra-gravellaire.

Cette phase de développement intra-gravéllaire se décompose en deux étapes :

*L’incubation des œufs (de l’œuf à l'alevin « vésiculé »)= 420 degrés-jour.

*Le développement larvaire(de l’alevin « vésiculé » à l’alevin autonome)=300 degrés-jour.

A noter que durant cette phase d’émergence, les alevins « vésiculés » sont aussi inféodés à la frayère puisqu’ils ne peuvent pas nager, ils restent à l'abris entre les graviers.

720 degrés-jour minimum sont donc nécessaires afin que l’alevin devienne autonome, durant toute cette période, tout piétinement de la frayère par un homme ou un animal (cheval, chien) aura des conséquences désastreuses sur la vie intra-gravellaire !!!!!!!
Photo Alain Gaudiau Photo Alain Gaudiau
Pour illustrer ce si reprenons le travail qui a été fait en Aveyron il y a quelques années:

Afin de connaître le régime thermique hivernal des rivières aveyronnaises, la fédération de Pêche dispose d’un réseau de suivis « thermique » qui permet, via des thermographes enregistreurs, de connaître les dates d’émergence des alevins de truites.

Pour compléter les enregistrements, il ne reste plus qu’à connaître la date médiane de ponte (sans prendre en compte les reproducteurs précoces ou les retardataires) grâce au réseau de surveillance des frayères…

Cette étude menée sur 2 parties bien distincte d'un même cour d'eau a donc aboutie aux données si dessous :
Graphique de Peche Aveyron .com Graphique de Peche Aveyron .com
Les résultats montrent avec évidence que les alevins sont en pleine émergence lors de l’ouverture de la pêche en 1 ère catégorie et qu’ils sont donc susceptibles d’être piétinés par nos waders ou cuissardes pendant, grosso modo, 1 bon mois jusqu’à leur autonomie.

Devant cet état de fait, on peut légitimement se poser quelques questions :

Doit-on compter sur l’éducation puis le civisme du pêcheur afin qu’il évite de passer sur les frayères qui sont, faut-il le rappeler, les rares endroits peut profond et avec un faible courant où l’on peut traverser les grandes rivières à l’ouverture et au début du printemps ?

Doit-on alors interdire le wading jusqu’au 15 avril sur ces rivières ? ….
Je crois qu’à la lumière de cette étude on peut raisonnablement penser qu’il faut plus communiquer sur cette problématique de la protection des frayères.

Car je suis convaincu que bon nombre de pêcheurs jeune ou moins jeune, ignore c’est état de fait et sans le savoir mette en danger le renouvellement de la population de truite des rivières…

A l’heure de l’avènement du no kill et de pratique de pêche plus responsable et respectueuse, je crois vraiment que ce sujet est important pour ne pas dire fondamental pour le maintien de population de truite « de souche » correcte.

Alors continuons à communiquer sur le sujet car à défaut de convaincre on se doit au moins d’informé …

Respectons donc les zones de wading interdite et plaidons pour une prise de conscience de la problématique de la protection des frayères …

Et pour les pécheurs en waders, sans renoncer de façon systématique à marcher dans l’eau, adaptons nos déplacements et évitons ces zones et surtout ces périodes à risques …
D’autres dangers planent aussi sur les frayères, ainsi les Cormorans peuvent sur des secteurs dégagé de rivières de plaine, causer de gros dégâts sur les poissons occupé à frayer. Là aussi des solutions de lutte existent et des gens se mobilisent en installant de savant systéme de « filet » et autre ficelles pour protéger ces zones et les rendre inaccessible aux oiseaux noir.
Photo Alain Gaudiau ,Fils anti cormoran Photo Alain Gaudiau ,Aménagement de riviéres
Enfin la modification des tracés des cours d’eau, entraine petit à petit la disparition des zones favorable a la fraie. Ainsi inexorablement, le manque de courant, le dépôt de vase,l’ensablage rendent la reproduction infructueuse. Mais là aussi au prix d’efforts importants il est possible de redonner un peu de vie à ces rivières comme le prouve quelques chantier pilote en France.

Alors restons donc attentif à la protection de ces milieux source de vie !!!
Photo Frayéres de Gaudiau Alain
Adapté et complété par mes soins en Dec 2012.

Pousthomis Christophe
Commentaires (2)
Thomas
Bravo! Vous n'imaginez pas à quel point ça m'a fait plaisir de lire cet article.
Il y a tellement de pêcheurs qui se disent respectueux et qui vont labourer le fond des rivières dès l'ouverture.
Je pense que le piétinement des fonds de rivière (et pas uniquement aux périodes d'éclosion des alevins) est un problème très largement sous estimé.
On ne peut pas non plus interdire aux gens de marcher dans l'eau, mais il est urgent d'informer les pêcheurs, et de modifier son comportement en limitant au minimum ses déplacements dans l'eau.
2015-02-06
CLERGET
Interessant cet article.
Merci
2012-12-03
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